Dès notre plus jeune âge,
nous tapions allègrement dans le ballon. Tous les jours, des la sortie de l’école nous organisions d'interminables rencontres de Football sur le terrain situé rue Pierre Brossolette devant
chez mon pote Marc Férrere. Nous délimitions le terrain avec des grosses pierres ou avec nos pulls pour les poteaux
de corners et nos cartables marquaient les
poteaux imaginaires des buts. Avant de commencer le match et en attendant les copains, nous donnions des coups de têtes dans la balle pour nous échauffer. A l'arrivée des camarades, nous
abandonnions le jeu de tête pour une vraie partie de football. En fonction du nombre d’enfants, nous répartitions les joueurs. Pour cela deux capitaines étaient désignés et le reste des joueurs
se mettaient en ligne. La discipline était de rigueur. Puis chaque capitaine désignait le joueur ou la joueuse qui rentrait dans l’équipe. Dans nos parties les filles étaient acceptées. Les
équipes étaient liées au nombre de joueurs disponibles mais jamais ne dépassaient les sept joueurs sur le terrain. Les parties commençaient toujours dans un esprit de franche compétition. La
preuve, il n'y avait pas d'arbitre et tous se pliaient aux règles. Mais au bout d’une demi-heure, le match dégénérait. Il fallait l’intervention de notre fameux Marius un retraité qui avait
acheté la maison de mon pote Nanard Genevet pour calmer l’ensemble des joueurs. Le père Marius prenait son sifflet qu’il avait accroché à la porte de son garage et venait nous rejoindre pour
arbitrer le match. Quoi que Marseillais, notre Marius ancien restaurateur à Saint-Cyr l’école ne connaissait pas les règles, ce qui fait qu’au bout de cinq minutes, il avait un ensemble de
gosses qui l’engueulait. Mais mon Marius de désarmait pas. Puisque nous avions accepté qu’il arbitre il ne voyait pas pourquoi nous râlions et le match reprenait. Sur le coup de six heures les
mamans commençaient à appeler leurs progénitures pour faire le peu de devoirs que nous avions à l’époque. La première à appeler ses enfants était toujours madame Hargas une bretonne marié avec
monsieur d’origine du Maghreb. Elle tapait dans ses mains et tous les enfants rentraient chez eux dans la minute qui suivait. Ce qui n’était pas le cas des autres arsouilles du rond-point des
Primevères et en particulier du fils Creveau.
A suivre ..........